Comment implanter une église au sein d’une population qui ne fait plus confiance à la religion ? Cette question était au cœur de la Conférence sur l’implantation d’églises organisée par la Division intereuropéenne (EUD) de l’Église adventiste du septième jour, qui s’est tenue à Plovdiv, en Bulgarie, du 26 au 29 octobre 2026.
Pendant quatre jours, 150 participants — membres du Comité exécutif de l’EUD, spécialistes de la mission de la Conférence générale et fondateurs d’Églises venus de toute l’Europe — ont réfléchi à la manière de partager l’Évangile avec des personnes laïques, post-chrétiennes et en quête de spiritualité, ainsi qu’à la façon de faire naître de nouvelles communautés de foi parmi elles.
La conférence a été organisée par le bureau de la Mission adventiste de l’EUD. Florian Ristea, directeur de la Mission adventiste au sein de l’EUD, a coordonné l’événement.
Un champ missionnaire proche de chez nous
L’EUD, dont le siège se trouve à Berne, en Suisse, couvre 20 pays d’Europe centrale, occidentale, méridionale et orientale, pour une population de près de 340 millions d’habitants. Environ 180 000 membres fréquentent 2 532 églises et 602 communautés réparties sur l’ensemble du territoire.
Dans une région où la sécularisation est avancée et où de nombreuses congrégations vieillissent, l’implantation de nouvelles églises en phase avec les réalités d’aujourd’hui est devenue une priorité stratégique. M. Ristea a expliqué l’objectif de ce rassemblement lors d’une séance plénière mardi intitulée « Pourquoi une conférence sur l’implantation d’églises ? ». Jeudi, il a clôturé le programme par une intervention intitulée « Et maintenant ? », orientant les participants vers les mesures concrètes à mettre en œuvre.
Des intervenants de l’Église mondiale
La conférence s’est ouverte lundi soir par un mot de bienvenue de Barna Magyarosi, président de l’EUD, et de Ristea. Gary Krause, directeur de la Mission adventiste à la Conférence générale, a prononcé le discours d’ouverture intitulé « Implanter l’avenir ». Il est revenu jeudi avec une intervention intitulée « À la recherche du shalom ».
Bledi Leno, directeur du Centre pour la mission séculière et postmoderne (CSPM), a emmené les participants « Au cœur de l’esprit séculier » et a parlé de la conversion sans bagage chrétien. Jonathan Contero, directeur adjoint du CSPM, a présenté « Théologie et missiologie pour une ère séculière » et « De la curiosité à la communauté : concevoir un parcours séculier vers la foi ». Jeudi, les deux hommes ont pris la parole ensemble sur le thème « Au-delà des modèles importés : construire un mouvement européen d’implantation d’Églises ».
Leno s’est également concentré sur la communication de l’Évangile aux personnes qui se méfient de la religion, et sur la manière de faire passer les gens « des clics à la communauté ».
Petras Bahadur, directeur du Centre mondial pour les relations entre adventistes et musulmans (GCAMR), a abordé les thèmes de la sécularisation, de l’identité et de la quête spirituelle chez les Européens d’origine musulmane. Il a également abordé les thèmes de la confiance, de l’hospitalité et des parcours vers les églises de maison chez les musulmans laïques en Europe.
Wayne Krause, directeur de la Mission adventiste pour la Division du Pacifique Sud, a présenté « L’appartenance avant la croyance : relations et parcours vers la foi », ainsi qu’une session sur la formation de disciples avant et après la conversion. László Szabó, directeur de l’ADIMIS (Institut Arthur Daniells d’études missionnaires) à la Theologische Hochschule Friedensau, missiologue et ancien fondateur d’Églises, a mis les participants au défi de passer « d’une présence en déclin à une influence croissante » et d’aller « au-delà de la mentalité de projet ».
Tirer les leçons des implantations d’Églises locales
Parallèlement aux séances plénières, les participants ont pris part à tour de rôle à des ateliers en petits groupes animés par trois fondateurs d’Églises œuvrant aujourd’hui en Europe.
Pavel Eder, de l’église SafePoint à Prague (République tchèque), a montré comment l’évangélisation numérique peut devenir une voie vers l’implantation d’églises, en faisant passer les personnes « du monde en ligne au statut de disciple », puis « du statut de disciple à celui de membre de la communauté ».
Vladimir Krumov, de l’église VIVO à Stara Zagora (Bulgarie), a expliqué comment cette église implantée a constitué une « équipe de rêve pour le Royaume » et élaboré un plan d’action pour sa croissance.
Samuel Cunha, de l’église AWAKE à Lausanne, en Suisse, a parlé du rôle d’une église dans un monde multigénérationnel et de la nécessité de repenser l’église pour la Génération Z.
Chaque atelier a été répété, afin que chaque participant puisse tirer des enseignements des trois implantations d’églises.
Dialogue, louange et OneVoice27
Les sessions de questions-réponses du mardi et du mercredi ont abordé les questions envoyées à l’avance aux intervenants. Une table ronde réunissant tous les intervenants invités, le jeudi après-midi, a permis de faire le point sur les thèmes principaux. Mercredi soir, l’EUD a présenté OneVoice27, l’initiative mondiale visant à préparer les membres d’Église à partager l’Évangile au sein de leurs communautés alors que l’Église se tourne vers 2027.
Chaque journée commençait par un moment de louange. Les moments de recueillement du matin étaient animés par les responsables de la division : Magyarosi, président de l’EUD, mardi ; Ruben de Abreu, secrétaire de l’EUD, mercredi ; et Norbert Zens, trésorier de l’EUD, jeudi. Magyarosi a clôturé la conférence jeudi soir.
En associant la recherche sur la mission mondiale à l’expérience des fondateurs d’Églises locales, les organisateurs espèrent que les participants ont quitté Plovdiv non seulement inspirés, mais aussi équipés pour créer de nouvelles communautés de foi capables d’atteindre des personnes qui ne mettraient peut-être jamais les pieds dans une Église traditionnelle.




